Rats dans les murs que faire : démarches urgentes, solutions professionnelles et erreurs à éviter

Rats dans les murs que faire : démarches urgentes, solutions professionnelles et erreurs à éviter

Entendre des grattements dans les cloisons la nuit, sentir une odeur bizarre dans le salon, découvrir des crottes derrière un meuble… Les rats dans les murs, c’est le genre de problème qu’on préfère nier jusqu’au jour où ça devient ingérable.

En tant qu’ancien technicien hygiéniste à Paris, j’ai vu des dizaines de cas de logements où les occupants n’avaient jamais vu un rat… mais vivaient littéralement avec une colonie dans les murs. Résultat : câbles électriques rongés, fuites d’eau, plafonds qui se tachent, bruit permanent et risque sanitaire bien réel.

Dans cet article, on va voir ensemble :

  • Comment reconnaître des rats dans les murs (sans forcément les voir)
  • Les démarches urgentes à faire dans les 24–48h
  • Ce qu’un professionnel sérieux met en place
  • Les erreurs classiques à éviter (qui peuvent aggraver la situation)
  • Des fourchettes de tarifs réalistes pour ce type de dératisation
  • Les actions de prévention pour éviter le retour

Comment savoir si vous avez des rats dans les murs ?

Quand les rats se cachent dans les cloisons, les combles ou les doublages, on ne les voit presque jamais. En revanche, ils laissent des indices très caractéristiques. Les principaux signes :

  • Grattements dans les murs ou le plafond : surtout la nuit (entre 22h et 5h). Bruits de course rapide, frottements, grignotements. Plus c’est régulier, plus il y a de chances que ce soit des rongeurs.
  • Cloison ou plinthe qui « sonne creux » : les rats utilisent les vides techniques (gainages, passages de tuyaux, faux plafonds) comme autoroutes. On les entend souvent longer les murs extérieurs, les colonnes techniques ou sous le parquet.
  • Crottes dans certaines zones : derrière l’électroménager, sous l’évier, dans le local poubelle, dans le placard à produits de nettoyage. Des crottes de rat mesurent 1 à 2 cm, fuselées, souvent regroupées.
  • Traces de frottement grasses le long des murs, tuyaux, passages étroits : le pelage du rat laisse des marques sombres, surtout près des trous d’accès.
  • Odeurs fortes : odeur d’urine acide, ou odeur très désagréable si un rat est mort dans une cloison. Dans un F2 à Paris, j’ai vu une locataire qui croyait à un « problème de canalisation » alors qu’un rat décomposait dans un doublage de placo, derrière une tête de lit.
  • Matériaux grignotés : sacs de croquettes ouverts par en dessous, boîtes en carton percées, plaques de plâtre attaquées au ras du sol ou autour d’un tuyau.

Si vous cumulez bruits nocturnes + crottes + nourriture endommagée, partez du principe que vous avez un début d’infestation et qu’il ne faut pas attendre.

Les démarches urgentes à faire dans les 24–48 heures

Le premier réflexe n’est pas de tout boucher ou de mettre du poison au hasard. L’objectif, au début, c’est :

  • Limiter l’accès à la nourriture
  • Réduire les risques matériels (incendie, fuite)
  • Ne pas pousser les rats à se cacher encore plus profondément dans les murs

Voici les actions concrètes que je recommande systématiquement en première visite.

1. Sécuriser la nourriture et les déchets

  • Rangez tout ce qui se mange dans des boîtes hermétiques (verre, métal ou plastique rigide). Les sacs en carton ou plastique souple ne résistent pas.
  • Ne laissez plus rien traîner sur le plan de travail la nuit (pain, fruits, croquettes du chat, etc.).
  • Utilisez une poubelle avec couvercle bien ajusté, et sortez les sacs plus régulièrement.
  • Dans les immeubles parisiens, vérifiez l’état du local poubelle : portes qui ferment, sacs pas éventrés, pas de nourriture en vrac au sol.

2. Vérifier les risques électriques et de fuite

  • Si vous entendez des bruits très localisés près d’un tableau électrique ou d’un faux plafond avec beaucoup de câbles, signalez-le rapidement au syndic ou au propriétaire.
  • Surveillez les signes de fuite (tâches d’humidité au plafond, gouttes, odeur de moisi) : les rats adorent ronger les gaines et matériaux autour des tuyaux.

En pratique, j’ai vu plusieurs débuts d’incendie dans des immeubles où des rats avaient rongé des câbles de VMC ou d’interphone dans les gaines techniques. Plus tôt vous prévenez, moins le dégât sera lourd.

3. Ne bouchez pas tout n’importe comment (pas encore)

Réflexe classique : on se précipite avec de la mousse expansive sur tous les trous visibles. Mauvaise idée au tout début du traitement. Pourquoi ?

  • Si vous bouchez le seul passage qu’un rat utilise pour sortir manger, il va chercher une autre issue… en attaquant un autre mur, un doublage plus fragile, un câble, un joint de conduite.
  • Si du poison est ensuite posé, le rat coincé dans une cloison risque de mourir dans le mur et de générer une odeur très forte pendant plusieurs semaines.

Le colmatage doit se faire, mais en dernier, et de manière ciblée, une fois que la population est maîtrisée.

4. Documenter la situation

  • Notez les horaires où vous entendez les bruits (nuit, tôt le matin, journée…)
  • Photographiez les crottes, dégâts, trous, emballages rongés.
  • Faites un plan rapide de votre logement et indiquez les endroits où vous entendez les rats (murs mitoyens, près d’une colonne technique, sous le plancher…).

Ces éléments aideront énormément un professionnel à comprendre le trajet des rats (par exemple : colonne d’évacuation des eaux usées, gaine d’ascenseur, caves, toit, etc.).

Rats dans les murs : ce que va faire un professionnel sérieux

Une dératisation « dans les murs » n’a rien à voir avec poser deux pièges derrière un frigo. On est sur un traitement en réseau, qui prend en compte l’immeuble, les gaines, les caves et parfois le toit.

Concrètement, lors d’une intervention professionnelle sérieuse, vous pouvez vous attendre à :

1. Une inspection méthodique

  • Questionnaire détaillé : depuis quand ça dure, où vous entendez les bruits, si d’autres voisins sont concernés, travaux récents dans l’immeuble, etc.
  • Inspection des pièces sensibles : cuisine, salle de bain, WC, placards sous évier, local poubelle, cave, combles si accessibles.
  • Recherche des points d’entrée : trous autour des tuyaux, fissures de façade, jour sous la porte palière, conduits techniques, soupiraux de cave, passages vers les parties communes.
  • Repérage des « autoroutes » des rats : plinthes abîmées, gaines, faux plafonds, zones creuses dans les cloisons.

Dans un immeuble haussmannien à Paris 11, par exemple, on avait une colonie entière qui circulait du local poubelle jusqu’aux 5e et 6e étages uniquement par les conduits d’eaux usées et les doublages de salle de bain. Aucun rat vu dans les appartements, seulement du bruit dans les murs et quelques crottes derrière les WC.

2. Un plan de traitement adapté (et expliqué)

Un bon dératiseur vous explique clairement :

  • Où il va poser les postes d’appâtage (caves, local poubelle, parties communes, éventuellement dans votre logement).
  • Quels types de produits il utilise (anticoagulants de 2e génération, blocs paraffinés, grains, etc.).
  • Pourquoi il choisit tel produit plutôt qu’un autre (humidité, présence d’autres animaux, accès aux murs…).
  • Le nombre de passages prévus (généralement 2 à 3 visites espacées de 10 à 15 jours).

3. L’utilisation de poisons de façon sécurisée

Dans le cas de rats dans les murs, on évite absolument de balancer du poison en vrac dans une cloison par un trou. Les raisons :

  • Ingestion possible par des enfants ou des animaux domestiques via un autre trou ou une plinthe abîmée.
  • Risque de rats morts coincés dans les murs, donc odeurs fortes et contamination.

Le pro va plutôt :

  • Travailler en priorité sur les zones de transit et de nourriture (local poubelle, caves, locaux techniques).
  • Installer des postes d’appâtage sécurisés (fermés à clé, pas accessibles aux enfants) le long des chemins empruntés.
  • Éventuellement, poser quelques points d’appât dans les pièces où le rat sort pour manger, pas dans les murs eux-mêmes.

4. Le suivi et l’ajustement

Un seul passage est rarement suffisant. Lors des visites suivantes, le technicien :

  • Vérifie la consommation des appâts (forte, moyenne, nulle).
  • Déplace ou ajoute des postes si nécessaire.
  • Surveille l’évolution des bruits dans les murs et vous pose des questions précises sur les nuits précédentes.
  • Commence à préparer le plan de colmatage définitif quand l’activité baisse nettement.

Faut-il ouvrir les murs pour éliminer les rats ?

C’est une question qui revient souvent, surtout quand les bruits sont très localisés derrière une cloison ou un doublage.

Dans la majorité des cas, on n’ouvre pas les murs.

Raisons :

  • Les rats utilisent les murs comme passages, pas comme garde-manger. Ils sortent toujours pour trouver de la nourriture et de l’eau.
  • On peut les contrôler efficacement via les points d’accès et les zones de nourriture, sans casser les cloisons.
  • Ouvrir un mur sans être sûr de ce qu’il y a derrière peut réveiller tout un réseau de galeries.

On envisage une ouverture de cloison uniquement dans des cas précis :

  • Odeur insupportable de cadavre de rat localisée à un endroit très précis, qui persiste malgré l’aération.
  • Suspicion de dégâts graves (fuite d’eau, câble électrique arraché) liée clairement aux rongeurs.
  • Mur déjà abîmé ou en cours de rénovation, où l’ouverture fait partie des travaux prévus.

Dans ces cas-là, l’ouverture est souvent faite par un artisan (plombier, électricien, plaquiste), parfois en présence du dératiseur pour récupérer l’animal et désinfecter.

Les erreurs à éviter absolument

En matière de rats dans les murs, certaines « solutions » vues sur internet ou conseillées par l’entourage font plus de mal que de bien.

  • Mettre du poison en vrac dans les cloisons : dangereux, incontrôlable, risque élevé d’odeurs de cadavres et d’ingestions accidentelles.
  • Boucher tous les trous immédiatement : vous ne faites que déplacer le problème. Les rats chercheront d’autres sorties, parfois plus gênantes (sous la baignoire, dans la cuisine, derrière un tableau électrique).
  • Se fier uniquement aux ultrasons : j’ai vu des appartements parisiens avec 3 ou 4 appareils ultrasoniques dans chaque pièce… et les rats qui se baladaient tranquillement. Ça peut éventuellement gêner un peu au début, mais ce n’est en aucun cas un traitement.
  • Utiliser des « recettes maison » dangereuses (eau de javel pure, mélanges toxiques, colles à rat à forte dose partout) : risques d’intoxication, d’odeurs persistantes, et de souffrances animales sans véritable contrôle de la colonie.
  • Attendre que « ça passe tout seul » : une femelle rat peut avoir plusieurs portées par an. Ce qui est un bruit discret dans un mur en mars peut devenir un véritable vacarme en juillet.

Combien coûte une dératisation pour des rats dans les murs ?

Les tarifs dépendent de plusieurs facteurs :

  • Taille du logement ou des locaux
  • Nombre de pièces à traiter
  • Accès aux caves, combles, locaux poubelles
  • Présence d’autres nuisibles (souris, cafards…)
  • Nombre de passages nécessaires

À Paris et petite couronne, pour ce type de problème, on voit généralement :

  • Appartement ou petite maison individuelle :
    • Forfait dératisation (2 à 3 passages) : entre 180 € et 350 € TTC selon la complexité.
    • Avec accès aux caves/combles ou forte infestation : plutôt 250–450 € TTC.
  • Immeuble ou copropriété (traitement des parties communes + caves) :
    • Intervention ponctuelle : souvent à partir de 350–600 € HT, selon surface et nombre de postes.
    • Contrat annuel (plusieurs passages programmés) : de 800 € à plusieurs milliers d’euros HT/an selon la taille de la résidence.

Un devis sérieux doit mentionner clairement :

  • Le nombre de passages compris
  • Le type de produits utilisés (au moins leurs familles)
  • Les zones couvertes (logement uniquement, caves, local poubelle, parties communes…)
  • Les garanties éventuelles (délai de ré-intervention en cas de persistance du problème)

Si on vous propose une « dératisation complète » pour 70 € avec un seul passage de 15 minutes, soyez méfiant. Sur les rats dans les murs, il n’y a pas de solution expresse fiable en une seule visite.

Rôle du propriétaire, du syndic et de la mairie

Les rats dans les murs sont souvent un problème collectif, même si vous êtes le seul à les entendre.

Dans une location :

  • Informez immédiatement votre propriétaire (ou l’agence) par écrit (mail + photos).
  • Précisez les bruits la nuit, les crottes trouvées, et joignez vos photos.
  • En principe, la lutte contre les rats dans la structure du bâtiment (murs, caves, parties communes) relève du propriétaire ou du syndic.

En copropriété :

  • Prévenez le syndic avec un maximum de détails.
  • Demandez si d’autres copropriétaires ont signalé des nuisibles récemment (dans les caves, escaliers, local poubelle).
  • Souvent, le syndic a déjà un contrat avec une société de dératisation : dans ce cas, il peut déclencher une intervention supplémentaire.

Rôle de la mairie :

  • À Paris, les services municipaux peuvent intervenir sur l’espace public (rues, égouts) et parfois proposer des campagnes de dératisation dans certains quartiers.
  • Ils ne traitent pas directement l’intérieur des logements, mais peuvent vous orienter et intervenir si le problème vient par exemple d’une cour insalubre, de poubelles non gérées, etc.

Prévention : éviter que les rats ne reviennent dans les murs

Une fois la situation stabilisée (plus de bruits, appâts peu ou plus consommés), le travail n’est pas fini. Sans prévention, les rats reviendront par les mêmes voies d’accès.

1. Colmater intelligemment

On ne parle plus de tout boucher dans la panique, mais de fermer les points d’accès une fois le traitement efficace :

  • Utiliser des matériaux adaptés : grille en métal, mortier, mousse polyuréthane renforcée avec grillage, plaques métalliques, etc.
  • Boucher les jours importants sous les portes donnant sur l’extérieur ou les parties communes (bas de porte anti-rongeur, seuils adaptés).
  • Traiter les passages de tuyaux (eau, gaz, chauffage) qui traversent les cloisons et planchers.

2. Gérer les déchets sur le long terme

  • Ne laissez jamais les sacs de poubelle directement au sol dans les parties communes.
  • Vérifiez régulièrement l’état du local poubelle (portes fermées, pas de déchets en vrac).
  • Dans les immeubles, rappelez régulièrement les règles de base aux voisins via le syndic (sacs fermés, pas de nourriture déposée dans la cour, etc.).

3. Surveiller les signes de retour

  • Restez attentif aux bruits dans les murs, surtout la nuit.
  • Inspectez de temps en temps les coins « cachés » : derrière l’électroménager, sous l’évier, dans la cave.
  • Au moindre doute (nouvelle crotte, sac grignoté, bruit suspect), agissez vite : plus un problème de rats est pris tôt, plus il est simple et moins il coûte cher.

Vivre avec des rats dans les murs n’est ni une fatalité ni une question de « malpropreté personnelle ». À Paris et en proche banlieue, c’est souvent le résultat d’un ensemble de facteurs : réseau d’égouts, caves communicantes, locaux poubelles mal gérés, travaux dans la rue…

L’essentiel, c’est de réagir rapidement, de comprendre par où les rats circulent, de traiter de manière structurée, et de ne pas se laisser séduire par les fausses bonnes idées. Avec une démarche méthodique et un minimum de coordination entre occupants, propriétaires et professionnels, les bruits de grattement dans les murs peuvent vite redevenir un mauvais souvenir.